EUROBABEL – PRIX NATHAN KATZ DU PATRIMOINE

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Ernst Stadler, traduit par Philippe Abry, Prix Nathan Katz 2013

mercredi 11 juin 2014

LE PRIX NATHAN KATZ 2013 DISTINGUE L’ŒUVRE D’ERNST STADLER (1883-1914). Né à Colmar en 1883, tué en Belgique en octobre 1914 et enterré au cimetière Saint-Louis-Robertsau à Strasbourg, Stadler est l’un des plus grands poètes expressionnistes,. Européen de cœur et d’intelligence, il a écrit quelques-uns des plus beaux textes de la littérature d’Alsace.

La Bourse de Traduction du Prix est attribuée à PHILIPPPE ABRY, né en 1980 à Colmar, pour la première traduction française intégrale du chef-d’œuvre de Stadler, Der Aufbruch, publié en 1914, l’année même de sa mort.

La remise du Prix aura lieu à l’Hôtel de Ville de Strasbourg le samedi 22 mars 2014 dans le cadre de TRADUIRE l’EUROPE - 9es Rencontres Européennes de Littérature, manifestation organisée par l’Association Capitale Européenne des Littératures (EUROBABEL), la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg et l’Université de Strasbourg.

À l’occasion de la remise du Prix Nathan Katz du Patrimoine le samedi 22 mars 2014 paraîtra aux Éditions Arfuyen, partenaires des Grands Prix Littéraires de Strasbourg, la première traduction intégrale de Der Aufbruch, traduit de l’allemand par Philippe Abry et présentée par Charles Fichter.

Ernst Stadler est né à Colmar le 11 août 1883 de parents d’origine bavaroise. Il fait ses études secondaires au lycée protestant de Strasbourg. En 1902, il s’inscrit à l’Université en philologie romane, linguistique comparée et langue et littérature allemandes. La même année il crée avec René Schickele et Otto Flake la revue Der Stürmer afin de susciter une renaissance de la culture alsacienne. Sous l’impulsion de Schickele et autour des ateliers de peintres, toute une jeunesse tente de secouer le joug de la culture wilhelminienne. Stadler restera l’un des plus proches amis de Schickele, de sept jours seulement son aîné, dont il partagera les sympathies socialistes et les positions antibellicistes.

En 1905, Stadler publie à Strasbourg son premier recueil de poèmes, Präludien (Préludes). Dans les années qui suivent il publie des traductions de Francis Jammes et Charles Péguy. Après un passage à l’université de Munich, il soutient en 1906 à la Faculté des Lettres de Strasbourg une thèse sur les manuscrits du Perceval d’Eschenbach. Bénéficiaire d’une bourse de la Fondation Rhodes, il travaille en 1906-1908 à l’Université d’Oxford où il prépare son habilitation sur le Shakespeare de Wieland. Il séjourne à nouveau à Oxford et Londres en avril-septembre 1910. Invité à donner des cours à l’Université libre de Bruxelles, il s’y installe. 

Le 3 mars 1911 paraissent dans la revue Das Neue Elsaß (La nouvelle Alsace) deux poèmes qui marquent le début d’une période d’intense création. Dans le même temps il fait paraître de nombreux articles critiques. Au printemps de 1914, il est invité à enseigner à l’université de Toronto. Fin mai, il quitte Bruxelles pour l’Alsace où il compte passer l’été avant de partir pour le Canada. Il est encore à Strasbourg lorsque éclate la guerre. Le 28 juillet 1914, Stadler fait ses adieux à ses amis réunis dans l’atelier du peintre Henri Beeke. Bien après minuit, raconte Beeke, « alors que dehors une garde renforcée faisait sa ronde, retentit soudain dans l’atelier, comme une protestation contre la guerre, la Marseillaise ». Mobilisé au 51e régiment d’artillerie de campagne de l’armée allemande, Stadler combat en Champagne et, d’une tranchée à l’autre, aurait pu, dit-on, saluer Péguy peu de temps avant que le poète français ne tombe à Villeroy-sur-Marne, près de Meaux, le 5 septembre 1914.

Stadler est tué le 30 octobre 1914, près de Zandvoorde, en Belgique, par un obus anglais. Son corps est rapatrié en Alsace par son ami Schickele. Il repose au cimetière Saint-Louis-Robertsau, où sa tombe est entretenue par le ministère français des Anciens Combattants.