EUROBABEL – PRIX NATHAN KATZ DU PATRIMOINE

Accueil > ACTUALITÉS > L’œuvre d’ÉMILE STORCK, distinguée en 2012 par le PRIX DU PATRIMOINE NATHAN (...)

L’œuvre d’ÉMILE STORCK, distinguée en 2012 par le PRIX DU PATRIMOINE NATHAN KATZ

 Le Prix du Patrimoine Nathan Katz 2012 distingue l’œuvre d’ÉMILE STORCK (1899-1973), dramaturge et poète, qui a su porter la langue de l’Alsace à son plus haut niveau tout en restant constamment attentif aux menues existences de son environnement naturel.
 Émile Storck est né en 1899 à Guebwiller (Haut-Rhin), dans une famille ouvrière nombreuse. À dix-huit ans, il est mobilisé comme télégraphiste à Berlin, puis dans la Somme. Face aux troupes françaises, il refuse de tirer. Emprisonné à Cologne pour insubordination, l’armistice lui permet d’être bientôt libéré par les troupes américaines. Il accomplit son service militaire dans un régiment du génie cantonné à Épinal. Après des postes d’instituteur dans des villages du Haut-Rhin, il obtient l’agrégation d’allemand et est nommé à Lons-le-Saunier, Annecy et Montpellier. Il est à nouveau mobilisé en 1939 avec le grade de lieutenant. Après la guerre, il obtient sa mutation pour l’École Normale de jeunes filles de Guebwiller : « Après ma rentrée définitive en 1951, tous les rêves de mes randonnées et de mes promenades se mirent à m’obséder pour réclamer une rédaction. Il en résulta Le Chariot d’or, une pièce d’abord touffue, mais élaguée peu à peu, et les Melodie uf der Panfleet, dont plusieurs poésies héritèrent des éléments inutilisés. » Entre 1953 à 1967, il écrit deux recueils de poèmes et cinq pièces de théâtre. Il rédige dans le même temps deux ouvrages de pédagogie.
 Retraité de l’Éducation nationale en 1965, il est tellement affecté par l’insuccès de sa pièce Mathis Nithart, représentée en 1967 par le Théâtre Alsacien de Mulhouse, qu’il renonce à la littérature. Il voyait avec une grande tristesse la progressive désaffection pour la langue et la culture alsaciennes et s’interrogeait sur le sens et l’avenir de son œuvre. Il souffrait d’infirmités, sa vue baissait, il était diabétique. En 1972, il est amputé d’une jambe, atteinte d’un début de gangrène lors de son incarcération à Cologne en 1918. Il meurt le 9 novembre 1973, dans l’ancienne maison paternelle, sans s’être jamais marié ni avoir eu d’enfant. Proche de lui demeurait son frère aîné Joseph Storck, qui a été reconnu « Juste parmi les nations » en 1998. Également agrégé d’allemand, proviseur puis inspecteur d’académie, élu maire de Guebwiller en 1971, il se chargea de l’héritage littéraire de son cadet. Mais les temps n’étaient pas propices et ses manuscrits et collections furent dispersés.
 À l’occasion du Prix du Patrimoine Nathan Katz paraîtra aux Éditions Arfuyen, partenaires du Prix, le premier volume bilingue consacré à l’œuvre poétique d’Émile Storck, Par les fossés et les haies, traduit de l’alsacien par le Cercle Émile Storck en collaboration avec Jean-Paul Gunsett et Albert Strickler et présenté par Jean-Paul Sorg.