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Un dictionnaire amoureux des langues de l’Alsace

lundi 1er février 2016

LE LUNDI DE PENTECÔTE DE G.-D. ARNOLD REMPLISSAIT GOETHE D’ADMIRATION : « Qu’on nous pardonne, écrit-il comme pour justifier son enthousiasme, le préjugé et la prédilection que nous avons pour cette œuvre, et un plaisir qui est influencé peut-être par le souvenir. » Car la pièce se passe à Strasbourg en 1789, et Goethe, est-il besoin de le rappeler, est venu étudier le droit à l’université de Strasbourg d’avril 1770 à août 1771, séjour durant lequel il a eu la fameuse idylle avec Frédérique Brion.

Georges-Daniel Arnold est né en 1780 à Strasbourg. En 1794, il décide, à moins de 15 ans, de commencer des études de droit à l’université de Strasbourg et adhère aux idées révolutionnaires. Il est nommé en 1806 professeur à Coblence. Rentré en Alsace en 1809 à la suite de son ami Lezay-Marnésia, il est nommé professeur d’histoire à la Faculté de Lettres, puis professeur à la Faculté de Droit de Strasbourg.

Homme de culture parfaitement trilingue, Arnold publie des « Notices sur les poètes alsaciens », ainsi que des poèmes en allemand. Pendant de longues années, il a pris l’habitude, lors de réunions d’amis comme d’entretiens familiers, de sortir de son portefeuille des bouts de papier où il note expressions, dictons, jurons et tournures propres au parler strasbourgeois. À ceux qui lui demandent : « Que voulez-vous faire de cela ? », il répond : « Vous verrez bien un jour ! »

Son chef-d’œuvre théâtral Der Pfingstmontag (Le Lundi de Pentecôte) paraît en 1816 : à la fois trésor de la langue alsacienne, foisonnante galerie de personnages hauts en couleurs et surtout magnifique déclaration d’amour à l’Alsace, cette savoureuse comédie inaugure avec éclat la littérature alsacienne. Avec cette pièce, Arnold accède d’un coup à une véritable reconnaissance littéraire. Le texte est plusieurs fois réédité, en Alsace et en Allemagne, avec des dessins du peintre Théophile Schuler. Goethe salue la pièce dans un long article enthousiaste.

Arnold se marie à Ribeauvillé en 1823. Il meurt subitement le jour de son 49e anniversaire, le 18 février 1829, à Strasbourg. Grâce à une souscription publique, un monument a été érigé au cimetière Saint-Gall où il est inhumé.