Logo prix européen de littérature

ÉCRIRE L’ALSACE 2013

PROGRAMME

ACCÉDER AU DOCUMENT IMPRIMABLE :

« AVEC JEAN-PAUL DE DADELSEN (1913-1957) »
du mercredi 22 mai au samedi 22 juin 2013

sous le parrainage de
Anne de Dadelsen-Hanson et Alice de Dadelsen-Asquith

en collaboration avec
la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, Culture et bilinguisme et la Ville de Muttersholtz

« AVEC ÉMILE STORCK (1899-1973) »
du mardi 19 mars au jeudi 11 avril 2013

sous le parrainage de
Daniel Storck

en collaboration avec
le Cercle Émile Storck, le Centre Culturel Alsacien et la Ville de Guebwiller

Le centenaire de JEAN-PAUL DE DADELSEN,
grand Européen et grand Alsacien

L’Alsace fête cette année le centenaire de la naissance de Jean-Paul de Dadelsen, homme d’action et écrivain, grand Européen et Alsacien resté toujours attaché à sa terre natale. Comme son ami Albert Camus ou son contemporain Gérard Philippe, Dadelsen semble aujourd’hui une sorte de mythe, tant sa vie brève est frappée du sceau de l’extraordinaire.

Inclassable par ses origines (allemandes, suisses, voire danoises) : « nous autres en Alsace, écrit-il, on est celtique il n’y a pas à dire on est celtico-germano-romano – (et donc aussi égypto-syriaco-illyrio-ibério-dalmato-partho-soudano-palestinien) – français comme Minuit chrétiens et au-dessous d’un certain niveau de bourgeoisie catholiques comme un seul homme ».

Inclassable comme homme d’action, à la manière d’un Malraux ou d’un Gary. Passé en Angleterre, il s’engage dans les Forces Françaises Libres. Correspondant du journal Combat à Londres, il a sa chronique régulière à la BBC. Il travaille à Genève avec Denis de Rougemont au Centre Européen de la Culture. Dans le même temps, il est conseiller de Jean Monnet pour le pool Charbon-Acier à Luxembourg. Marié à une anglaise, il est aussi familier de la littérature anglaise que de la culture allemande. Il est peu d’écrivains en son époque qui aient été aussi profondément européens que cet Alsacien cosmopolite.

Inclassable enfin par son destin littéraire. Depuis toujours destiné à l’écriture, ami de Nathan Katz et Guillevic, camarade de khâgne de Léopold Sedar Senghor et de Georges Pompidou, ce n’est pourtant que deux ans avant sa mort qu’il publie Bach en automne dans la NRF. En janvier 1957 apparaissent les symptômes d’une tumeur au cerveau. Jonas paraîtra chez Gallimard en 1962, 5 ans après sa mort.

Un homme exceptionnel dont l’œuvre est rééditée par Gallimard dans sa collection de poche Poésie-Gallimard et fait l’objet en cette année 2013 de deux nouveaux ouvrages. Un volume de textes inédits : La beauté de vivre, poèmes et lettres à l’oncle Éric  ; et un essai d’Évelyne Frank : Jean-Paul de Dadelsen, la sagesse de l’en-bas. Un homme cependant trop peu connu en Alsace, et qu’il importe de célébrer en ce 100e anniversaire de sa naissance.

Hervé de Chalendar a écrit pour le journal L’Alsace (11 juillet 2012) un intéressant article qui revient sur les traces de Jean-Paul de Dadelsen à Muttersholz, où l’écrivain a passé ses treize premières années : « C’est une imposante et élégante maison rectangulaire. Si imposante et élégante qu’on l’appelle ici le Schlessel, "le petit château". Elle est située à Muttersholtz, rue de Hilsenheim. La bâtisse préserve, sur l’arrière, la paix d’un jardin opulent où s’épanouissent un hêtre et des hortensias géants, où un chat se tortille de plaisir en haut d’un escalier. Côté rue, une plaque apprend que cette maison est aussi habitée par une âme invisible : "Le poète Jean-Paul de Dadelsen (1913-1957) a passé son enfance dans cette maison, où son père Éric était notaire… "

La plaque a été apposée par la commune en 2007, à l’occasion du cinquantenaire de la mort du poète. "C’est à ce moment-là que les deux filles de Jean-Paul de Dadelsen ont repris contact avec le village, raconte Patrick Barbier, maire de Muttersholtz. Elles y ont trouvé des racines." Ce qui est apparemment paradoxal pour deux femmes, Anne et Alice, qui n’y ont jamais résidé et demeurent aujourd’hui, respectivement, en Angleterre et aux États-Unis. Mais ce sont bien leurs racines, puisque ce sont celles de leur père. Mieux, c’est ici, à Muttersholtz, au cœur du Grand Ried, que s’enracine sa poésie.

Dadelsen a laissé son nom au collège de Hirsingue ; son père s’y était installé en 1927, quand le poète avait 14 ans. Mais l’enfance et la prime adolescence de l’auteur, soit ces années fondamentales de la formation de sa sensibilité, de son imaginaire et de son esthétique, ont été vécues dans ce Schlessel, porte d’exploration d’une nature à la personnalité très marquée et au charme insidieux, faite de "près humides et gras", de "gel sonnant", de "chaleurs torrides", d’un "juillet équatorial"

Changement de décor. Le maire nous conduit dans un endroit moins romanesque : les ateliers municipaux. Sous une couverture, à deux pas d’un calendrier de femmes nues, gît une curieuse sculpture. Elle représente une queue de baleine. On peut y lire, gravés, les noms de "Jean-Paul et Barbara de Dadelsen Windebank". Ceux du poète et de sa femme, fille d’un officier de la marine britannique. C’était la stèle mortuaire du couple, dressé dans un cimetière de Zurich, en Suisse. La concession est arrivée à échéance, alors les filles Dadelsen ont offert ce marbre à Muttersholtz. Elles sont venues l’apporter dernièrement, à la mi-juin, en signe supplémentaire de leur attachement au village. Elles savent qu’ici on aime entretenir la mémoire de leur père. Que sa poésie y résonne toujours. "Nous allons l’installer prochainement au centre du village, annonce le maire. Et on l’inaugurera en 2013, pour le centenaire de sa naissance." Pourquoi une queue de baleine ? Le poète Albert Strickler a la réponse : "Son premier livre publié s’appelle Jonas… "

Dernière halte aux portes du village, venant d’Ennwihr. Le voici, ce fameux Ried : des prés et des bosquets dans une plaine veinée de cours d’eau. Au bord d’un des bras de l’Ill, sur le circuit de découverte de la Mouette, une plaque évoque depuis une quinzaine d’années le souvenir de Dadelsen. Une citation est reproduite : "J’ai écouté le silence des eaux du soir…" C’est ici une évidence : Nature et poésie ne font qu’un. »

ÉMILE STORCK,
auteur majeur de la littérature dialectale du XXe siècle

Émile Storck et Nathan Katz ont reçu en 1966 à Freiburg l’Oberrheinische Kulturpreis.Deux écrivains représentatifs de l’humanisme rhénan, appartenant l’un et l’autre à cette génération qui dut traverser deux guerres mondiales et changer de nationalité. Scolarisés dans la langue allemande, devenus citoyens français, ils firent tous deux le choix d’écrire en dialecte alsacien, se résignant à n’être lus que d’un public limité.

Si Émile Storck, mort en 1973, n’a pas vu la renaissance de la culture alsacienne, son ami Nathan Katz sera salué par le héraut de la nouvelle génération, André Weckmann, comme « notre père à tous » et auréolé d’une soudaine gloire.

L’intégralité de l’œuvre dialectale de Nathan Katz a été publiée en édition bilingue en 2001-2003. Celle d’Émile Storck est restée méconnue. Pourtant Katz n’avait-il lui-même affirmé qu’elle était plus « forte » que la sienne ? Cette injustice est aujourd’hui réparée : la traduction réalisée par le Cercle Émile Storck permet de découvrir une écriture aussi personnelle que savante, ainsi qu’une langue aux immenses ressources.

Les textes de Storck donnent à entendre ce que la langue alsacienne aurait pu devenir. Inapte à la comédie sociale, Storck n’avait d’autre joie que de courir les forêts et les prés de sa vallée : plantes, oiseaux, insectes n’avaient pour lui pas de secret. Sa grande passion allait aux papillons, dont il était devenu un spécialiste et qu’on retrouve dans maints poèmes, voletants, éclaboussants de couleurs.

Resté célibataire, Storck s’éteignit dans la maison paternelle. Tout près demeurait son aîné Joseph Storck, agrégé d’allemand comme lui, devenu maire de Guebwiller en 1971. Les temps n’étant pas propices, manuscrits et collections furent dispersés. Joseph mourut en 1989. Ce qu’il avait fait en Limousin, pendant la guerre, pour sauver des enfants juifs n’a pourtant pas été oublié : en 1998 lui a été conféré le titre de "Juste parmi les Nations. Il faut espérer que la postérité fera aussi mémoire de son cadet, le poète Émile Storck.

Qu’on nous permette de citer ici l’excellent article publié par Élisabeth Schulthess dans le journal L’Alsace daté du 3 août 2012 : « "Émile Storck a modernisé l’alsacien. Il a montré qu’on peut tout dire en alsacien, que c’est une langue complète et accomplie qui n’est pas de l’allemand, mais du hoch elsassisch, du haut alsacien", explique Richard Ledermann. Président du Cercle Émile Storck, créé en 2000, il guide chaque année un Maibummel (randonnée de mai) sur les chemins de l’écrivain né à Guebwiller en 1899. Devant la petite maison du 20, rue du Vieil-Armand, il évoque l’enfance d’Émile qui avait grandi dans une famille de dix enfants. "C’était la maison de son père, contremaître dans une usine, de langue alsacienne. Sa mère, de Lapoutroie, parlait le welsche."

Le jeune Émile avait appris à lire et à écrire, en allemand, dans l’école du haut de la ville qui porte aujourd’hui son nom et qui est bilingue. "Il était bon élève, déjà passionné de poésie et doué", relate l’écrivain Jean-Paul Sorg, lui aussi membre du Cercle Storck.La balade historique fait étape dans le bas de la ville, devant la Neuenburg, imposant bâtiment qui a abrité l’École normale de jeunes filles où Émile Storck, agrégé d’allemand, a enseigné entre 1949 et 1965. Toute une génération d’institutrices est passée par ses cours de littérature. "Il tentait de nous entraîner dans les univers de Schiller, Goethe, Lessing. Il fut un semeur de graines de culture", se souvient Maïté Frey-Schermesser. Allusion au naturaliste passionné qu’il était, enseignant aussi les milieux naturels et la géographie.

Le professeur avait quitté l’Alsace en 1934 pour enseigner l’allemand dans d’autres régions. Il rêvait de revenir dans le Florival. Un retour au pays qui le fit renaître à l’écriture, à laquelle il s’était essayé dans sa jeunesse. Il glissa des poèmes de sa composition, non signés, dans ses deux manuels d’allemand adaptés aux dialectophones. Mais surtout, à cette époque où il était "chic de parler français", il publia, en alsacien, 200 poèmes et cinq pièces de théâtre. « Il fut un grand poète dialectal, se servant d’une langue d’une étonnante précision et pureté,sachant comme Nathan Katz élever le dialecte au rang d’une langue touchant à l’universel », commente Gérard Leser ( Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne).

Art de la versification, musicalité de la langue et richesse du vocabulaire impressionnent les meilleurs dialectophones. Tel Daniel Muringer, musicien du groupe Géranium, qui l’an dernier a mis en musique 14 poèmes de Storck pour une soirée Friejohr fer unseri Sproch. Tel Jean-Paul Sorg qui, en 1999, a publié et commenté les 21 traductions par Storck de poèmes de Baudelaire et Verlaine. "Des traductions qui respectent scrupuleusement, à quelques subtiles licences près, leurs formes et le jeu des rimes." Du grand art. Avec une recherche d’harmonisation de la graphie de cette langue qu’on dit orale.Les poèmes personnels laissés par Storck, de facture classique, sont pour la plupart inspirés par la description de la nature et des paysages.

Ses cinq pièces de théâtre, "d’une haute élévation spirituelle", selon Sorg, ont été boudées par les troupes de théâtre alsacien plus enclines à jouer des comédies et vaudevilles que des drames qui abordent les grands thèmes du pouvoir, de la fatalité, de la culpabilité… Seul Mathis Nithart a été mis en scène, par le Théâtre alsacien de Mulhouse en 1967 puis à Magstatt-le-Bas en 1989. « J’avais l’impression que le public se foutait de ma gueule », aurait dit l’auteur, amer, après la représentation à Mulhouse. De ce jour, il cessa d’écrire.

Mais le Cercle Émile Storck fait partager son admiration pour cette œuvre par des soirées de lecture, des Stammtisch, des sorties, son bulletin annuel… Et par la publication, l’an prochain, d’un choix de poèmes avec leur traduction en français » (Source : Baudelaire et Verlaine en alsacien, par Émile Storck, introduction et commentaires de Jean-Paul Sorg, Bf Éditions 1999).

« AVEC JEAN-PAUL DE DADELSEN (1913-1957) »

MERCREDI 22 MAI 2013 – 18 h : STRASBOURG
Palais du Rhin, salle des fêtes.
En collaboration avec la BNU de Strasbourg et l’Association Culture et bilinguisme.

JEUDI 23 MAI 2013 – 18 h : « STRASBOURG »
Palais du Rhin, salle des fêtes.
En collaboration avec la BNU de Strasbourg et l’Association Culture et bilinguisme.

VENDREDI 24 MAI 2013 – 18 h : STRASBOURG
Palais du Rhin, salle des fêtes.
En collaboration avec la BNU de Strasbourg et l’Association Culture et bilinguisme.

SAMEDI 25 MAI 2013 – 17 h : STRASBOURG
Librairie Kléber.
En collaboration avec les Éditions Arfuyen.

DIMANCHE 2 JUIN 2013 – 18 h : BÂLE (Suisse)
L’Atelier.
En collaboration avec Franziska Badertscher et Anne de Dadelsen.

MERCREDI 5 JUIN 2013 – 20 h 30 : SÉLESTAT
L’Évasion.
Avec Martin Adamiec et Albert Strickler.

JEUDI 6 JUIN 2013 – 15 h : MUTTERSHOLTZ
Promenades dans le Ried sur les traces de Jean-Paul de Dadelsen.
Avec Patrick Barbier, maire de Muttersholtz

JEUDI 6 JUIN 2013 – 20 h 30 : MUTTERSHOLTZ
Maison de la Nature. R
Concert-lecture « Femmes de la plaine » avec Anne de Dadelsen, piano, et Franziska Badertscher, flûte.

VENDREDI 7 JUIN 2013 – 15 h 15 h : MUTTERSHOLTZl
Promenades dans le Ried sur les traces de Jean-Paul de Dadelsen.
Avec Patrick Barbier, maire de Muttersholtz.Retour ligne manuel

VENDREDI 7 JUIN 2013 – 20 h 30 : EBERSMUNSTER
Abbatiale d’Ebersmunster.
Concert-lecture « Bach en automne ». Avec Bernard Chalté, orgue, lecture par Éric de Dadelsen (français) et Gérard Leser (alsacien).

VENDREDI 14 JUIN 2013 – 18 h : KARLSRUHE (Allemagne)
Centre Culturel Franco-allemand.
Dans le cadre de la Semaine française.

SAMEDI 22 JUIN 2013 – 15 h : HAGUENAU
Médiathèque de la Vieille-Île.
Dadelsen, poète d’Alsace et d’Europe.
Avec Jean-Claude Walter, Anne-Valérie Walter, comédienne, et Jean-Luc Wehinger, guitare.

MARDI 25 JUIN 2013 –18 h : COLMAR
Pôle Médias Culture Edmond Gerrer.
En collaboration avec l’Association des amis de la Bibliothèque des Dominicains.
Avec Martin Adamiec et Albert Strickler

« AVEC ÉMILE STORCK (1899-1973) »

SAMEDI 30 MARS 2013 – 15 h : GUEBWILLER
Maison de la presse.
Présentation et signature du livre Par les fossés et les haies.
Avec Richard Ledermann, Président du Cercle Émile Storck, Jean-Paul Sorg et les membres du Cercle.

JEUDI 4 AVRIL 2013 – 15 h : MULHOUSE.
Lycée Lambert.
Avec Jean-Paul Sorg, Martine Blanché, auteur d’une thèse sur le théâtre d’Émile Storck, et Doris Gross, professeur d’allemand et de langue et culture régionales.

VENDREDI 5 AVRIL 2013 – 19 h 30 : SCHWEIGHOUSE.
Bibliothèque de Schweighouse-Lutenbach
Dans le cadre de Friehjohr fir unsri Sproch
Présentation et lectures de poèmes de Par les fossés et les haiesRetour ligne manuel

JEUDI 11 AVRIL 2013 – 18 h : MULHOUSE.
Bibliothèque municipale.
Hommage à Émile Storck.
Présentation et lectures par Évelyne Troxler-Schmitt, Richard Ledermann et Jean-Paul Sorg. Partie musicale : Daniel Muringer et son groupe chanteront des poèmes d’Émile storck et de Nathan Katz.

VENDREDI 12 AVRIL 2013 – 18 h 30 : STRASBOURG
Centre Culturel Alsacien (5, bd de la Victoire)
Jean-Paul Sorg interroge : « Traduire l’Alsace ? »
Différents exemples dont celui du porte Émile Storck.

SAMEDI 13 AVRIL 2013 – 9 h : MULHOUSE.
Université de Haute-Alsace
Séminaire de l’Institut de Recherche en Langues et Littératures Européennes (ILLE)
Jean-Paul Sorg : « Unité et hétérogénéité dans l’œuvre poétique d’Émile Storck »

JEUDI 18 AVRIL 2013 – 20 h 15 : ROUFFACH
Stammtisch, salle du presbytère
Exemples divers de traduction en alsacien. Réflexions et discusssions

VENDREDI 19 AVRIL 2013 – 19 h 30 : GUEBWILLER
Médiathèque de Guebwiller.
Inauguration de l’exposition Émile Storck, en présence des édiles de la ville
Présentation et lectures : Richard Ledermann, Jean-Paul Sorg et le Cercle Émile Storck