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ÉCRIRE L’ALSACE 2014

PROGRAMME

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ÉCRIRE L’ALSACE 2014 calendrier °1

ÉCRIRE L’ALSACE 2014 calendrier °2

MAI - NOVEMBRE 2014
deux lectures-spectacles :

« UN EUROPÉEN FACE À LA GUERRE »
ERNST STADLER
(Colmar, 1883 – Zandvoorde, 1914)

avec
Martin Adamiec,
comédien
Charles Fichter,
historien

« JOURNAL DU CAPITAINE DES RÊVES »
JEAN HANS ARP
(Strasbourg, 1886 – Bâle, 1966)

avec
Jean Lorrain,
comédien
Aimée Bleikasten,
éditrice et traductrice

LE 100e ANNIVERSAIRE
DE LA MORT D’ERNST STADLER

Né à Colmar en 1883, Ernst Stadler est mort sur le front belge en octobre 1914 et repose au cimetière Saint-Louis-Robertsau, à Strasbourg. Son œuvre comporte quelques-uns des plus beaux textes qu’ait inspirés l’Alsace, que ce soit sur le Mont Sainte-Odile, le vignoble, la plaine d’Alsace ou sur les statues de l’Église et la Synagogue à la cathédrale de Strasbourg (la Synagogue, « la vaincue, la répudiée », ayant sa préférence).

Cent ans après sa mort et la parution de son grand livre, Le Départ (1914), il est grand temps de rendre hommage à cet écrivain alsacien qui étudia à Oxford et à Londres, enseigna à l’Université Libre de Bruxelles, traduisit Péguy, Balzac, Jammes, et fut un véritable européen de culture et de cœur.

On imagine mal culture plus ouverte, plus généreuse que la sienne. Dès 1902, n’avait-il pas créé avec son ami Schickele la revue Der Stürmer pour secouer le conformisme du Reich ? « Ce qui hier avait de la valeur, écrit-il, a cessé d’en avoir aujourd’hui. L’art de Goethe ne peut plus être le nôtre. Mieux vaut tituber sur des voies nouvelles que de marcher droit dans des sentiers battus et rebattus. » Tel est le sens du titre de son chef-d’œuvre, Der Aufbruch, qui est aussi rupture, élan, éclosion.

En avril 1914, Stadler donne une conférence à Bruxelles, en français. Un abîme, dit-il, sépare la partie moderne et la partie conservatrice de l’Allemagne. La jeunesse d’Alsace doit contribuer aux forces de liberté. Stadler est rappelé à l’ordre par le recteur de l’université et en tire une amère leçon : « Nos souhaits et nos espoirs sont encore largement prématurés, si même nous devons jamais en vivre la réalisation. L’Allemagne me fatigue vraiment. »

Le 28 juillet 1914, Stadler, mobilisé sous l’uniforme allemand, fait ses adieux à ses amis strasbourgeois réunis dans l’atelier du peintre Henri Beeke : bien après minuit, raconte le peintre, « alors que dehors une garde renforcée faisait sa ronde, retentit soudain dans l’atelier, comme une protestation contre la guerre, la “Marseillaise”  ».

Œuvre majeure de l’expressionnisme, livre unique d’un écrivain mort à 31 ans, Der Aufbruch n’avait jamais été traduit intégralement en français. C’est pour réparer cette injustice que le jury du Prix Nathan Katz du Patrimoine a demandé à Philippe Abry de traduire ce texte à l’occasion du 100e anniversaire de sa première parution.

C’est pour marquer à la fois cet anniversaire et cette parution que le programme 2014 d’« Écrire l’Alsace » propose cette lecture-spectacle, « Un Européen face à la Guerre », qui donne à entendre les textes de Stadler d’une manière vivante et incarnée à travers la présence d’un comédien, Martin Adamiec, qui s’est fait une spécialité de la diction des grands textes, et fait place à une présentation de l’écrivain, de l’œuvre et du contexte politique de l’Alsace d’alors par l’historien Charles Fichter. En ce 100e anniversaire du début de la Grande Guerre, c’est une expérience émouvante que de découvrir, ainsi portés par la voix, des textes écrits pour nombre d’entre eux en 1914, quelques mois avant la mort de leur auteur.

ERNST STADLER :
« UN EUROPÉEN FACE À LA GUERRE »

LE CALENDRIER

MARDI 23 SEPTEMBRE 2014 – 20 h : Médiathèque de la Vallée de Kaysersberg
2, avenue Georges Ferrenbach, 68240 KAYSERSBERG
03 89 47 35 35 – mediatheque@cc-kaysersberg.fr

JEUDI 16 OCTOBRE 2014 – 18 h 30 : Bibliothèque Centrale
19, Grand Rue, 68100 MULHOUSE
03 69 77 67 17 – biblio.municipale@ville-mulhouse.fr

MARDI 28 OCTOBRE 2014 – 18 h 30 : PMC Edmond Gerrer
1, Place de la Montagne Verte, 68000 COLMAR
03 89 20 68 70 – bibliotheque@ville-colmar.com

MARDI 4 NOVEMBRE 2014 – 18 h : Bibliothèque Universitaire
Campus de l’UHA, 34 rue du Grillenbreit, 68000 COLMAR
03.89.20.23.50 – scdcolmar@uha.fr

JEUDI 6 NOVEMBRE 2014 – 18 h 30 : Bibliothèque Nationale
et Universitaire

6, place de la République, 67000 STRASBOURG
03 88 25 28 06 – quid@bnu.fr

JEUDI 20 NOVEMBRE 2014 – 20 h : Médiathèque de Guebwiller
2, rue des Chanoines, 68500 GUEBWILLER
03 89 74 84 82 – mediatheque.guebwiller@wanadoo.fr

LES INTERVENANTS :

« C’est en chef d’orchestre, en promeneur aussi, que MARTIN ADAMIEC traverse ses lectures-spectacles. Gourmand de mots et de sonorités, il sait écouter, dire, lire, écrire, jouer. Sa voix, qui fleure bon les châtaignes, enjoint à l’écoute. » (Veneranda Paladino, DNA). Comédien et metteur en scène, Martin Adamiec a participé à la création en 1983 de la Compagnie Articulations-Théâtre. Enseignant en art dramatique, il se passionne tout autant pour le théâtre que pour les lectures-spectacles. C’est ainsi qu’il a interprété ou donné voix à une centaine d’auteurs, parmi lesquels Berberova, Michaux, Joyce, Pouchkine, Dadelsen, Calvino, Borges, Pessoa, Giono ou Char. Écrivain, il est l’auteur de quatre livres : Journal du désert (2006), Qui attend la lenteur sur le pas de sa porte (2007), Il est temps ( 2009), Ses vitalités (2009).

Parallèlement à une carrière d’enseignant, CHARLES FICHTER est devenu un spécialiste reconnu de l’histoire culturelle alsacienne de la première moitié du XXe siècle. Dès 1978, il a publié un ouvrage de référence sur le mouvement culturel en Alsace dans la période de l’avant-guerre : René Schickele et l’Alsace jusqu’en 1914. Mais c’est en 2010 qu’a paru son maître-livre sur la littérature de cette période : Pour une autre histoire de la littérature alsacienne au début du XXe siècle : Loin de la nostalgie et du ressentiment. Il y montre comment vers 1905 une culture nouvelle avait commencé de prendre forme dont les promesses seront balayées par la Grande Guerre. Il est l’auteur de nombreux articles et études sur René Schickele, Yvan Goll, Maxime Alexandre ou Jean Arp (parus dans la Revue des Sciences Sociales de la France de l’Est) et sur Nathan Katz (dans Saisons d’Alsace).

JEAN HANS ARP,
L’UN DES INVENTEURS DE LA MODERNITÉ

Peintre, sculpteur, écrivain, Jean Hans Arp (né à Strasbourg en 1886, mort à Bâle en 1966) est l’un des plus grands inventeurs de formes du XXe siècle : un artiste visionnaire, rigoureux et terriblement attachant. Né de mère alsacienne et de père allemand, il parle dès l’enfance le français, l’alsacien et l’allemand. Lorsqu’éclate la guerre de 1914, il s’établit à Zurich où d’autres écrivains et artistes ardemment européens ont trouvé refuge.C’est là qu’il fonde en février 1916 le mouvement Dada – avec ses amis Hugo Ball, Tristan Tzara et Richard Huelsenbeck – mouvement qui gagne dans les années suivantes l’Europe entière et qui, un siècle après, exerce encore une influence majeure sur la création artistique.

Publiés à partir de 1920, ses premiers ouvrages sont écrits en allemands, mais dès 1925, il écrit aussi en français. L’ensemble des textes d’Arp en langue française a été publié sous le titre Jours effeuillés (Gallimard, 1966) et traduit en anglais sous le titre Arp on Arp (New York, 1972). Le génie de Jean Hans Arp tient à ce quelque chose d’opiniâtrement enfantin qui le met directement en prise avec le merveilleux et l’étrange et, en même temps, le sauve de toute grandiloquence. D’étranges personnages évoluent à travers l’espace, rencontrent nombrils, moustaches, assiettes, mais aussi étoiles, anges ou démons. Ailleurs surgissent sphinx, monstres et momies, mille fois moins menaçants pourtant que le « royaume Mobiloil / avec ses treize ponts des soupirs / ses allègres appareils d’alerte / et ses pleins jours synthétiques ».

Le poète met en garde contre « le progrès enragé », « l’âme surcollective / le surmoi surtoi surnous robotique » et « les sursinges progressistes ». Le mot d’ordre d’Arp sculpteur s’applique tout aussi bien à sa création littéraire : « La sculpture doit marcher sur la pointe des pieds, sans faste ni prétention, légère comme la trace d’une bête dans la neige. »

Alors qu’il est mondialement connu comme plasticien et comme peintre, Arp se considérait avant tout comme un homme d’écriture : « Si par impossible, j’étais obligé de choisir entre l’œuvre plastique et la poésie écrite, si je devais abandonner, soit la sculpture, soit les poèmes, je choisirais d’écrire des poèmes. » Les expositions de son œuvre d’artiste se sont multipliées et ses œuvres sont présentes dans les musées des cinq continents. Mais l’œuvre écrite, non moins passionnante et révélatrice, reste étrangement peu connue.

Malgré quelques traductions réalisées par Aragon, Tzara, puis Maxime Alexandre, une très large partie de ses textes reste encore inaccessible au public francophone. Grâce au travail d’Aimée Bleikasten, ce retard est fort heureusement en train de se combler, pour la plus grande joie des admirateurs de ce facétieux créateur. C’est grâce à elle qu’a pu être montée cette lecture-spectacle : « Journal du capitaine des rêves » , véritable Voyage au pays des merveilles plein de verve et de fantaisie, mais aussi de sagesse et de mélancolie.

JEAN HANS ARP
« JOURNAL DU CAPITAINE DES RÊVES »

LE CALENDRIER

MARDI 24 JUIN 2014 – 20 h : Médiathèque Josselmann
8, rue du Général de Brauer, 67560 ROSHEIM
03 88 49 25 00 – mediatheque@rosheim.com

VENDREDI 26 SEPTEMBRE 2014 – 20 h : Médiathèque de Benfeld
3, rue du château, 67230 BENFELD
03 88 74 46 39 – accueil@mediatheque-benfeld.net

MERCREDI 5 NOVEMBRE 2014 – 18 h : Bibliothèque Universitaire
Campus de l’UHA, 8 rue des frères Lumière, 68100 MULHOUSE
03 89 56 82 31 – scdmulhouse@uha.fr

MERCREDI 12 NOVEMBRE 2014 – 18 h 30 : Bibliothèque U2-U3
de l’Université de Strasbourg

4, rue René Descartes, 67000 STRASBOURG
03 68 85 85 85 – scd-bibu2u3@unistra.fr

LES INTERVENANTS :

Comédien et chanteur, JEAN LORRAIN poursuit un parcours très éclectique en France, en Allemagne et en Suisse. Il a également tourné dans de nombreux films et téléfilms. Il a participé en tant que récitant à de nombreuses productions musicales, notamment avec les orchestres philharmoniques de Strasbourg, de Luxembourg, de Hambourg, de Genève, de Trêves, de Lausanne ainsi qu’avec la Camerata de Boston. Citons également Le Carnaval des Animaux, de Saint-Saëns, au Festival de Colmar, les Notes sur Chopin, de Pierre Thilloy, ou L’Histoire du soldat, de Stravinski, avec l’ensemble instrumental Volutes. Régulièrement sollicité pour des lectures, comme récemment à la cathédrale de Strasbourg ou à la Médiathèque André Malraux , il joue cet automne dans deux spectacles, L’heure d’alsacien (André Weckmann) et Incidents (Daniil Harms), mis en scène par Christian Rätz.

Née à Strasbourg, AIMÉE BLEIKASTEN a fait des études d’allemand, de philosophie et d’histoire de l’art à Dijon, Tübingen, Bâle et Paris-Sorbonne. Professeure émérite de l’Université de Strasbourg, elle compte parmi les meilleurs spécialistes internationaux de l’œuvre de Jean Hans Arp et a collaboré à ce titre à de nombreuses expositions, conférences et monographies. On lui doit l’établissement de sa biographie et de sa bibliographie complète ainsi que la direction du 3e tome de la grande édition allemande de son œuvre littéraire (Arche Verlag, 1984). Lauréate du Prix Nathan Katz du Patrimoine 2004, elle a donné la traduction de deux volumes publiés en édition bilingue : Sable de lune (2005) et La Grande Fête sans fin (2014). Elle est présidente de l’Association Jean Hans Arp de Strasbourg.