Logo prix européen de littérature

RENCONTRES 2013

PROGRAMME

Accéder au programme imprimable :

Accéder au livret de présentation :

Vendredi 15 et samedi 16 mars
LA PASSION DES LANGUES


Conférence inaugurale :
GEORGE STEINER
avec Cécile Ladjali,
Pierre Hartmann et Martin Dadamiec


Rencontres avec Vladimir Makanine 
prix européen de littérature 2012

Table ronde animée par Jean-Baptiste Para 
avec Vladimir Makanine, Luba Jurgenson, Cécile Ladjali et Christine Zeytounian-Beloüs 

«  L’archipel du Goulag : témoins de l’indicible  » avec Luba Jurgenson
textes lus par Philippe Morier-Genoud 

Vendredi 22 et samedi 23 mars
LE FRANÇAIS EN PARTAGE

Grand entretien :
Velibor Colic dialogue avec Antoine Spire


Rencontres avec Silvia Baron Supervielle 
prix de littérature francophone Jean Arp 2012

Hommage à Émile Storck 
prix du patrimoine Nathan Katz 2012

« Buenos Aires :  tango - littérature - bandonéon »
avec Juanjo Mosalino, bandonéon, et Fred Cacheux, comédien au TNS

en présence de Silvia Baron Supervielle
 

GEORGE STEINER, Invité d’honneur

VENDREDI 15 MARS 2013 – 14 H
Georg Steiner : conférence inaugurale

Avec Cécile Ladjali
Pierre Hartmann et Martin Adamiec.

Palais universitaire, salle Louis Pasteur, place de l’Université

Georges Steiner est l’un des penseurs les plus profonds et les plus féconds de notre époque. Ses nombreux essais débordent l’érudition et interrogent la culture dans toutes ses dimensions. Cet intellectuel européen, professeur dans les plus prestigieuses universités, a enrichi et renouvelé les théories du langage et de la traduction, les philosophies politiques et de l’éducation aussi bien que notre approche des littératures classiques. Sa présence à Strasbourg, en ouverture de « Traduire l’Europe », coïncide avec la publication chez Gallimard de ses Œuvres dans la collection « Quarto ».

Cécile Ladjali, écrivaine et enseignante à l’Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle, est, entre autre, l’auteure d’un Éloge de la transmission. Le maître et l’élève, issu de sa conversation avec George Steiner, publié chez Albin Michel en 2003 et d’un essai inspiré par sa démarche, Mauvaise langue, publié aux Éditions du Seuil, en 2007.

Pierre Hartmann est professeur à la Faculté des Lettres et directeur de l’École doctorale des Humanités de l’Université de Strasbourg.

 

AUTOUR DE VLADIMIR MAKANINE

VENDREDI 15 MARS –  9 h 30 : « Traduire et éditer la poésie et la philosophie. »
Table ronde avec Danièle Robert, lauréate 2012 du Prix de traduction Nelly Sachs, Christophe Carraud, directeur de la revue Conférence, Wouter Van Der Veen, Gérard Pfister (Arfuyen) et Claude Lutz (Circé). Il deviendrait aujourd’hui de plus en plus difficile d’éditer des livres de poésie et de philosophie. Le domaine des arts et des sciences humaines et sociales semble être peu porté par la mutation numérique. Pourtant, traducteurs et éditeurs continuent de faire vivre des disciplines essentielles à la culture et au savoir. Autour de deux éditeurs reconnus, des traducteurs et un universitaire débattront des enjeux actuels des différents métiers du livre (Le Nouveau Patio, salle des thèses, 20 A rue René Descartes).
    
VENDREDI 15 MARS –  10 h : Rencontre de Luba Jurgenson avec les élèves du lycée des Pontonniers.
Luba Jurgenson est née à Moscou, arrivée à Paris en 1975, à l’âge de dix-sept ans. Maître de conférences de littérature russe à la Sorbonne, mais aussi écrivaine, traductrice, éditrice, elle a créé chez Verdier la collection Poustiaki (« Petits riens ») et publié de nombreuses traductions du russe, en particulier Oblomov d’Ivan Gontcharov, le Cap des tempêtes de Nina Berberova, ou encore Apologie de la fuite, de Leonid Guirchovitch, et co-traduit les Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov (Lycée International des Pontonniers, 1 rue des Pontonniers, Strasbourg).
    
VENDREDI 15 MARS –  16 h 30 : Hommage aux traducteurs : Christine Zeyrounian-Beloüs, Danièle Robert, et Christophe Carraud.
L’Europe n’existerait pas sans les traductions. Le rôle des traducteurs dans la compréhension et la diffusion de la culture est fondamental et doit être reconnu et honoré comme tel. « Traduire l’Europe » rend hommage à trois traducteurs d’exception. Tout d’abord Danièle Robert, également essayiste et écrivain, lauréate 2012 du prestigieux Prix de Traduction Nelly Sachs qui est associé aux Grands Prix Littéraires de Strasbourg : elle a été récompensée pour sa traduction des Rime du poète florentin Guido Cavalcanti. Ensuite Christine Zeytounian-Beloüs qui a reçu la Bourse de traduction du Prix Européen de Littérature pour ses traductions de Vladimir Makanine et ses nombreux travaux pour faire connaître la littérature russe. Enfin Christophe Carraud, traducteur, mais également essayiste, éditeur et directeur de la revue Conférence (Librairie Kléber, 1 rue Francs Bourgeois, Strasbourg).

SAMEDI 16 MARS –  10 h 30 :
Table ronde animée par Jean-Baptiste Para.
George Steiner participe à cette table ronde avec le romancier russe Vladimir Makanine, prix européen de littérature 2012, l’écrivain d’origine russe Luba Jurgenson et l’écrivain d’origine irakienne Cécile Ladajli. À leurs côtés Christine Zeytounian-Beloüs, traductrice de la littérature russe contemporaine. Jean-Baptiste Para anime cette table ronde (Librairie Kléber, 1 rue Francs Bourgeois, Strasbourg).
 
SAMEDI 16 MARS – 
12 h 30 : Remise solennelle du Prix Européen de Littérature à Vladimir Makanine et de sa Bourse de Traduction à Christine Zeytounian-Beloüs
(Hôtel de Ville, 9 rue Brûlée – sur invitation).
    
SAMEDI 16 MARS –  15 h :  « Le Prisonnier du Caucase », de Vladimir Makanine ».
Lecture par Cécile Perricone et Antoine Hamel, comédiens de la troupe du TNS. En présence de l’auteur et de la traductrice. Publié en 2005 dans la collection Du monde entier chez Gallimard, « le Prisonnier du Caucase » est l’un des textes les plus célèbres de Makanine. Après la lecture, Vladimir Makanine et Christine Zeytounian-Beloüs répondent aux questions de Jean-Baptiste Para, rédacteur en chef de la revue Europe, et du public (Théâtre National de Strasbourg, salle Bernard-Marie Koltès, 1 avenue de la Marseillaise, Strasbourg).
 
SAMEDI 16 MARS –   17 h :  « L’archipel du Goulag : écrivains et témoins de l’indicible » De Chalamov à Grossman, de Evguénia Guinsbourg à Soljenitsyne. Conférence de Luba Jurgenson, lecture de Philippe Morier-Genoud. Au-delà d’une connaissance personnelle très vive de l’exil, du bilinguisme, de la judéité, les nombreux romans, essais et biographies de Luba Jurgenson interrogent sans relâche les grands témoignages littéraires des univers concentrationnaires nazis et soviétiques. Ainsi, par exemple, de l’essai L’expérience concentrationnaire est-elle indicible ?  : comment, pourquoi, dans quels contextes les déportations, concentrations, exterminations du XX° siècle ont-elles été rendues possibles, autorisées, organisées ? Comment l’écriture issue des camps façonne-t-elle l’écriture. Après avoir travaillé au Centre Dramatique National de Grenoble, puis à Lyon au côté de Roger Planchon (TNP) et à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, Philippe Morier-Genoud fut acteur de la troupe de Georges Lavaudant de 1975 à 2005. Il poursuit également une carrière à l’écran, débutée avec François Truffaut en 1981 et Louis Malle (Médiathèque André Malraux, 1 presqu’île André Malraux).

VELIBOR COLIC, Grand entretien

VENDREDI 22 MARS 2013 – 18 H 30
Velibor Colic : Grand entretien

Dialogue avec Antoine Spire

Médiathèque André Malraux, Strasbourg

 
Velibor Colic est né dans une petite ville de Bosnie. Il perd sa maison et ses manuscrits réduits en cendre pendant la guerre. Enrôlé dans l’armée bosniaque, il déserte dès mai 1992, est fait prisonnier mais s’échappe et se réfugie en France au mois d’août de la même année. Accueilli à Strasbourg par le Parlement des écrivains pour une résidence d’un an, l’écrivain y reste quelques temps puis part s’installer en Bretagne où il vit désormais.
Après plusieurs ouvrages en serbo-croate, traduits en français par Mireille Robin, dont Les Bosniaques, ou La vie fantasmagoriquement brève et étrange d’Amadeo Modigliani (édités au Serpent à Plumes), Archanges (roman a capella) est son premier ouvrage écrit directement en français.Son roman Jésus et Tito est lauréat du Prix Jean Monnet des Jeunes Européens 2012. Troisième roman “français” de Velibor Colic, Sarajevo omnibus est un portrait à tiroirs, aussi déroutant qu’envoutant, de cette capitale métissée et tourmentée.

Antoine Spire est journaliste et critique littéraire. Coordonnateur de colloques et de rencontres culturelles nationales, il est conseiller éditorial au journal Le Monde, Le Monde de l’éducation. Journaliste à La Vie, il collabore également à différentes publications associatives. Il est l’auteur de nombreux ouvrages d’entretiens réalisés avec des intellectuels parmi les plus éminents, notamment George Steiner, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida et Edgar Morin.

 

AUTOUR DE SILVIA BARON SUPERVIELLE

VENDREDI 22 MARS – 10 h : Rencontre de Silvia Baron Supervielle avec les étudiants de l’Université de Strasbourg.
Née à Buenos Aires en 1934, Silvia Baron Supervielle a commencé à écrire des poèmes et des nouvelles en espagnol, sa langue maternelle, avant d’arriver en France en 1961. Dès 1970 Maurice Nadeau publie ses premiers textes en français, et depuis lors son œuvre n’a cessé de s’enrichir avec des romans et nouvelles, depuis L’or de l’incertitude (1990) au Pont international (2011) et de nombreux livres de poésie. Elle est également traductrice des écrivains argentins (Borges, Macedonio Fernandez, Silvina Ocampo, Julio Cortazar…). Elle a traduit en espagnol Marguerite Yourcenar avec qui elle entretint une correspondance, récemment publiée chez Gallimard (Le Nouveau Patio, salle des thèses, 20 A rue René Descartes).

VENDREDI 22 MARS – 14 h :
Hommage à Silvia Baron Supervielle.
Silvia Baron Supervielle n’a jamais oublié sa langue d’origine, ni le Rio de la Plata. Mais celle dont la famille est apparentée au poète Jules Supervielle, confie s’être « laissée inventer » par le français tout en veillant à ne pas y disparaître, puisque toujours « écrire veut dire tenter de toucher quelque chose qui est à l’intérieur de soi ». Le Prix Jean Arp de Littérature Francophone récompense non
seulement un écrivain de premier plan, mais aussi une artiste qui est à l’écoute de cette langue mystérieuse qui est « sous les langues » et que le poète seul réinvente dans Le Pays de l’écriture (Palais Universitaire, Salle Louis Pasteur, 9, place de l’Université).

VENDREDI 22 MARS – 16 h 30 : Rencontre de Silvia Baron Supervielle avec les élèves du Lycée Kléber.
Silvia Baron Supervielle a accepté d’aller à la rencontre des étudiants du lycée Kléber pour dialoguer avec eux sur son œuvre, l’importance des langues et les enjeux de la création littéraire (Lycée Kléber, Place de Bordeaux, Strasbourg).

VENDREDI 22 MARS – 16 h 30 :
Hommage à Émile Storck (1899-1973) et à ses traducteurs du Cercle Émile Storck.
Avec Richard Ledermann, Jean-Paul Gunsett, Albert Strickler et Daniel Muringer. Émile Storck connaissait, rencontrait et estimait Nathan Katz. Comme lui, il s’exprimait dans son dialecte natal. Il a traduit Baudelaire et Verlaine en alsacien. Il était grand temps de le traduire, lui, en français. Grâce au Prix Nathan Katz du Patrimoine, on peut découvrir enfin les étonnants poèmes météorologiques de ce Guebwillerois, promeneur solitaire et merveilleusement attentif. Poèmes du temps qu’il fait, des fleurs des bois, des champs ou des fossés, des insectes, des oiseaux, et surtout des papillons. Car Émile Storck était non seulement un érudit agrégé d’allemand, mais aussi un entomologiste renommé. Séance animée par Agathe Bischoff-Morales, de la Médiathèque de Strasbourg (Munsterhof, 9 rue des Juifs).

VENDREDI 22 MARS – 18 h 30 : Grand entretien : Velibor Colic dialogue avec Antoine Spire
(Médiathèque André Malraux, 1 presqu’île André Malraux).

SAMEDI 23 MARS – 10 h 30 : Geneviève Asse, dessins et gravures.
Libérées de toute figure pour privilégier un travail de recherche sur la lumière, la ligne et l’espace, les toiles de Geneviève Asse sont célèbres pour leur couleur bleu dont Silvia Baron Supervielle, poète complice, dit qu’elle « est regard et langage  ». Le poète, présentant au public cette exposition de peintures, dessins et gravures, éclairera de ses mots cette démarche tant spirituelle et méditative que rigoureuse dans sa recherche plastique. Visite commentée par l’Artiste et par Silvia Baron Supervielle, auteur de Un été avec Geneviève Asse (Galerie Chantal Bamberger, 16 rue du 22 novembre, Strasbourg).

SAMEDI 23 MARS – 12 h 30 :
Remise solennelle du Prix de Littérature Francophone Jean Arp à Silvia Baron Supervielle et du Prix du Patrimoine Nathan Katz (Nathan-Katz-Pris fir Literatür im Elsass) au Cercle Émile Storck(Collège Doctoral Européen, 46 boulevard de la Victoire. Sur invitation).

SAMEDI 23 MARS – 17 h :  « Buenos Aires : tango - littérature - bandonéon » Avec Fred Cacheux, comédien du TNS et Juanjo Mosalini, bandonéon.
De mère uruguayenne et de père argentin, Silvia Baron Supervielle aime à se définir comme écrivain du Río de la Plata, estuaire qui forme une entaille entre les deux pays et fut, sur ses deux rives, le berceau du tango, de Buenos Aires à Montevideo. Au fil des mots, nous la suivons dans cette géographie lointaine où l’on peut croiser les écrivains qu’elle affectionne : Jorge-Luis Borges, Julio Cortazar, Juan Carlos Onetti, Roberto Juarroz... Né en 1972 à Buenos Aires, Juanjo Mosalini est le fils de Juan José Mosalini, grande figure du tango argentin. Héritier de la tradition du bandonéon, instrument phare du tango, il a très tôt réussi à ouvrir de nouveaux chemins à cette forme musicale. Fred Cacheux, comédien du Théâtre National de Strasbourg, est issu du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris. Séance organisée par Nicole Laurent (Médiathèque André Malraux, 1 Presqu’île André Malraux).

SAMEDI 23 MARS – 20 h 30 :
Concert de clôture des Rencontres sur les « Cantiques du chemin » de Thérèse d’Avila, traduits par Silvia Baron Supervielle.
Avec Patricia Marmoras, comédienne et Parsival Castro au luth de la Renaissance. Grâce aux traductions latines du chartreux Laurent Surius, les sermons du mystique rhénan Jean Tauler (1300-1361) arrivent en Espagne dès 1548, influencent les écrits de Jean de la Croix (1542- 1591) et inspirent l’œuvre de Thérèse d’Avila (1515-1582). Dans un dialogue poétique et musical, illuminé par l’étincelle de l’âme du disciple de Maître Eckhart, mais aussi par l’âme musicale de la vallée rhénane et des terres castillanes, les Cantiques du chemin dévoilent la vive flamme du Carmel espagnol. Séance organisée par Rémy Vallejo (Église Saint-Thomas, 4 Rue Martin Luther).